Coronavirus : la confiance des Français mise à l'épreuve

C’est en janvier 2020 que le coronavirus, appelé Covid-19 fait ses premières victimes en Chine. Très vite il se propage en Italie et gagne la France. L'Hexagone doit faire face pour protéger la population de cette pandémie.

Retour chronologique

Jeudi 12 mars, le Président de la République s'adresse aux Français, pour annoncer les premières mesures de lutte contre la propagation du virus. Les écoles, de la maternelle à l'université, ainsi que les établissements de garde d'enfants seront fermés.

Les entreprises sont invitées à privilégier le télétravail pour leurs salariés.

Dès lors, parmi les citoyens, il y a ceux qui cèdent à la panique, prenant d'assaut les magasins pour faire le plein de produits alimentaires, et ceux, sarcastiques, qui se moquent de ces scènes de débâcle. Une partie de la population doute du danger réel de la menace virale.

Les premières applications des mesures n’arrangent pas les choses. Écoles fermées, Disneyland ouvert, rassemblements culturels interdits, matchs de foot prévus autorisés… Sans oublier le maintien du premier tour des élections municipales. (plus de 67 % d'abstention à Tours : peur ou sanction des électeurs ?) Dispositions qui ont été jugées, pour beaucoup, partiales ou opportunistes.

Le lundi 16 mars à 20h00, Emmanuel Macron parle à nouveau à son peuple. "Nous sommes en guerre… pour nous protéger et contenir la dissémination du virus…" Des dispositions d'envergure sont donc prises en conséquence : fermeture des frontières Schengen, suspension des réformes, arrêt du travail….

Et pour limiter au maximum les contacts, le Président décrète le confinement (rester chez soi) d'au moins quinze jours pour tous les citoyens français. Les travailleurs doivent exercer leur métier à domicile, si cela est possible, ou se retrouver au chômage partiel rémunéré. Les activités et les déplacements essentiels à la santé, la nourriture et l'ordre public sont maintenus. Une attestation de déplacement dérogatoire à remplir est prévu en cas de contrôle de la police.

Désormais il est nous est défendu de sortir sauf en cas de nécessité. Les contrevenants se voient sanctionnés d'une amende de 135 € minimum. De quoi dissuader les plus claustrophobes.

Virus tueur : une nouvelle ordinaire…

Malgré le risque de contamination, les rues sont loin d'être désertes. Les parcs semblent n’ont jamais été aussi attractifs qu'en cette période "d'urgence sanitaire".

L'ambiance anxiogène, les informations lancées à grand renfort de superlatifs agressifs… voilà qui n’est pas pour rien dans l'indifférence d'une partie des Français, fatigués d'avoir à distinguer la vraie menace de la fausse. Les médias y ont leur part de responsabilité.

D'ailleurs, les réseaux sociaux en ont fait leurs choux gras : vidéos accusant les grands de ce monde de comploter, rumeurs, Président tourné en dérision, photos de supermarchés dévalisés …

Le 23 mars, c'est le Premier Ministre, Édouard Philippe qui s'exprime en direct de Matignon. Les règles du confinement se durcissent :

- Les déplacements pour motif de santé sont restreint aux soins qui ne peuvent être différés ou nécessaires à une maladie de longue durée,

- L'activité physique est limitée à 1h et à proximité du domicile,

-Les déplacements sont autorisées pour une convocation judiciaire ou la participation à un travail d'intérêt général.

Autre nouveauté, en plus de la date, il faut indiquer l'heure de sortie sur l'attestation de déplacement dérogatoire. Les amendes sont majorées à 375€, 1500€ en cas de récidive.

La confiance des Français envers l'exécutif

Le discours d'Emmanuel Macron du 16 mars se voulait rassembleur. Pour lui il s'agissait de "faire bloc" contre un ennemi commun, derrière les professionnels de la santé et les plus vulnérables ( personnes âgées, Sans Domicile Fixe…).

Le Chef de l'exécutif et son Premier Ministre ont réussi à rallier les citoyens si l'on en croit les sondages. Alors que la cote de popularité du Président de la République se situait à seulement 30% en janvier après plusieurs semaines de mobilisation contre la réforme des retraites (Ifop pour le JDD 01/2020), elle bondit en mars avec 44% (+ 14 points) de jugement favorable (Ipsos pour Le point 03/2020). Du côté du Premier Ministre, même constat avec 42% (+ 12 points) d'opinion favorable (Ipsos pour Le Point 03/2020).

Donc, les Français auraient confiance en leur gouvernement. Ont-ils le choix ?

Même si dans les réseaux sociaux- qui constituent, quoi qu'on en dise, un espace de critiques qui influe l'opinion- on s'insurge contre le manque de moyens dans les hôpitaux. Une grogne exacerbée par le nombre exponentiel des cas contaminés.

Le confinement : une situation inédite à vivre au quotidien

Mot d'ordre : "Rester chez vous".

Les sorties sont rares et nul ne sait combien de temps cette situation va durer. Tous confinés, seul ou avec les enfants, au-delà des générations, culture, niveau social,.. tous dans le même bateau. Et ce, bientôt partout dans le monde : l'humain frère de l'humain, liés par une même peur dans une communion…forcée.

Re-découvrir son chez soi, voilà le défi. Le lieu du repos et de la tranquillité, qu'on regrette de quitter le matin : c'était la conception qu'on en avait avant.

En effet, après la panique des courses, est venue la crainte de l'ennui : comment combler toutes ses heures passées à la maison ? Monsieur Macron nous a exhorté à lire (quelle excellente idée ! on n'y aurait pas pensé…).

Heureusement le web a foisonné d'articles énumérant mille et une façon de s'occuper : apprendre une langue, faire le ménage de printemps, réaliser des projets sans cesse repoussés… etc

Aujourd'hui, au dixième jour de confinement, bon nombre d'entre nous se sent prisonnier voire oppressé. Toutefois, l'effort demandé doit continuer tant qu'il permettra d'arrêter la pandémie. N'oublions pas, en cette période mémorable, qu'un état d'esprit positif est aussi vital que le confinement.

Assia Lazar

#assialazar#coronavirus
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